Journée de lenteur et de douceur

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La vidéo est au bas de l’article.

Le temps d’une journée, j’ai fait une expérience. J’avais l’intuition que ralentir mes gestes et m’immerger dans la douceur, changerais mon ressenti intérieur. J’ai eu cette idée en observant une très bonne amie qui représente pour moi la douceur incarnée. Sa présence et son regard sont apaisants. J’ai remarqué ses gestes posé et conscient. Est né l’idée de ralentir mes gestes pour vivre cette douceur intérieure qui me manque.

Mon hypothèse était que la douceur et la lenteur extérieures me feraient vivre de la douceur intérieure.

Je savais déjà que j’avais besoin de lenteur, j’ai depuis quelques années intégré la lenteur dans ma routine quotidienne en allégeant mon horaire et en respectant mes besoins. Mais je n’avais pas tenté de simplement bouger plus lentement.

J’ai choisi une journée de pluie pour cette expérience. La pluie qui tombe à l’extérieur est propice à ralentir.

En faisant mon café, j’ai vécu une première prise de conscience. J’ai découvert qu’en pensant et qu’en disant les mots suivants: m’offrir de la douceur faisait monter en moi de la tristesse. Une tristesse qui semble venir d’une sensation de réconfort. Quand une personne nous réconforte, c'est qu'on est important pour elle. Être important est ce qui semble me faire vivre une tristesse due è un grand besoin d'être importante pour quelqu'un. Dans ce cas-ci, moi. Je suis assez importante pour m'offrir cette douceur, ce réconfort. Ce choix de douceur me donne le droit d’être qui je suis.

J’ai aussi ressenti une énergie de célébration. Avec le recul je crois que cette énergie venait de mon âme qui a envie de faire la fête parce que le chemin a été long pour se rendre à ce moment. Le moment où je choisis d’être douce envers moi-même plus que quelques minutes.

Ça m’a pris du temps pour choisir de ralentir et encore plus pour être douce envers moi-même. Ça allait à l’encontre de plusieurs croyances qui tissent la toile de ma réalité. Sous les mouvements rapides, il y a la croyance qu’il faut faire vite pour s’en débarrasser. Que ma valeur est liée à ce que je peux accomplir dans une journée. Plus c’est mieux. Il y a aussi dans mes mouvements rapides, comme quand je lave mon corps, la croyance que je ne suis pas importante, que mon corps n’est pas important et j’y trouve même de la haine.

Photo by  Kari Shea  on  Unsplash

Photo by Kari Shea on Unsplash

Ralentir certains de mes mouvements, comme taper sur les touches du clavier ou faire mon café a été un défi. Je me rendais compte que je faisais rapidement ces mouvements du quotidien jusqu’à ce que j’en prenne conscience et que je ralentisse délibérément. J’ai compris que ralentir mes mouvements et vivre la douceur qui vient avec fait baisser le stress et me fait vivre une paix intérieure qui me nourrit.

La douceur que j’ai choisi de vivre est de l’amour.

À un certain moment j’ai enfin compris. La douceur que j’ai choisi de vivre est de l’amour. Choisir de m’offrir de la douceur c’est m’aimer. Parce que quand on se choisit, on se sent important et on se sent aimé.

Au milieu de l’après-midi, j’ai commencé à me sentir fatigué. Au début je croyais que c’était l’énergie de lenteur et de douceur, mais c’était simplement le rythme plus lent me permettait de ressentir la fatigue de mon corps. Est-ce que de ralentir mes gestes et de m’offrir de la douceur m’a permis de connecter avec les besoins de mon corps?

J’ai été un peu déçue de mon après-midi. J’aurais voulu rester dans cette paix et ces belles prises de conscience, mais la fatigue m’a envahie et je me suis couché. J’avais des attentes et j'ai été déçue.

Après mon repos, en me berçant tranquillement, j’ai compris que choisir de m’offrir cette douceur est pour moi la conséquence de l’amour de moi qui grandit. Je m’aime, donc je m’offre cette douceur.

M’aimer plus, en espérant un jour m’aimer inconditionnellement, a été mon intention pour l’année 2018. Cette année j’ai choisi de tomber en amour avec ma vie ce qui est pour moi la manifestation de s’aimer. C’est parce que j’aime mes enfants inconditionnellement, j’en ai fait une mission, que je cherche maintenant à me l’offrir.

Aimer inconditionnellement c’est, ne pas juger et ne pas désirer que l’autre change pour répondre à nos besoins. S’aimer inconditionnellement c’est, ne pas se juger et répondre avec bienveillance à nos besoins.

On a tous développé des mécanismes de défense parce qu’on a été blessé. Ces moyens de se protéger sont mis en évidence dans nos relations et c’est ce qui fait en sorte qu’on a vraiment de la misère à accepter et aimer les autres inconditionnellement. Ces blessures sont aussi pour moi la source de mon manque d’amour de soi.

C’était plus fort que tout, je voulais que mes enfants se sentent aimés inconditionnellement. J’ai appris comment les aimer et maintenant je peux expérimenter pour trouver comment m’aimer.

En conséquence de cette journée, j’ai vécu un beau moment à me réconforter quand un de mon fils est parti pour six semaines au Texas au début juillet.

J’ai écrit sur ce sujet ici: J’apprends è me réconforter.

Comprendre que la lenteur me fait vivre de la douceur et que la douceur est de l’amour de soi est ce qui m’a donné l’idée d’expérimenter pendant ce moment émotivement difficile. Je pense que la magie de l’amour de soi opère parce que c’est un choix. Peut-être que pour certain c’est naturel, ils n’ont pas besoin de se choisir pour prendre soin d’eux avec amour, mais ça ne l’est pas pour moi, pas encore. Je suis très curieuse de continuer d’expérimenter à ce sujet et peut-être découvrir si ça deviendra naturel de m’aimer.

Dans le processus d’apprentissage, je suis passé d’incompétente inconsciente à compétence consciente. Au départ, je ne savais pas que je ne m'aimais pas et maintenant, je choisis consciemment de m’aimer. Quand ça deviendra naturel, je serais à l’étape de compétence inconsciente.

Une autre conséquence de cette journée de lenteur et de douceur, j’ai réalisé que mes gestes étaient plus lents aujourd'hui, que j’étais mentalement présente (#mindfulness). J’ai immédiatement fait le lien avec ma journée d’expérimentation de lenteur et de douceur. À la place de me sentir pressé de faire une tâche, en l’occurrence mon café du matin, j’ai choisi de ralentir mon rythme et de prendre le temps de couper les rabats de la boîte de filtres à café pour un accès plus facile. C’est un détail, mais pour moi quand un comportement change c’est la preuve qu’il y a un changement profond pour en arriver là. Il y a tellement de comportements que j’ai essayé de changer et ce n’est qu’avec le EFT que j’y arrive plus rapidement et d’une façon significative. Donc, de couper les rabats de la boîte tout en me sentant zen, sans avoir faire de EFT en lien avec la pression de se dépêcher à faire cette tâche, qu’auparavant j’aurais trouvé frustrante, c’est hot!

Julie xo