À l'approche du Congrès de l’AQED j'ai posé des questions à mon mari sur notre aventure unschooling

Le congrès de l’AQED à Québec est dans quelques semaines. Je commence à ressentir de la nervosité parce que même si j’aime partager mon vécu et répondre aux questions, donner un atelier ça me stress. Viens me faire coucou si tu y es aussi!

Il y a de fortes chances que Patrick, Benjamin et Léo soient présents et ouverts à répondre aux questions.

Le Congrès De L'éducation À Domicile

En pensant à mon atelier, je me suis rappelé l’impact positif que d’assister à des conférences et ateliers au Congrès de l’AQED avait eu pour Patrick, mon chum/mari/père de mes enfants. Je ne me souviens plus exactement de notre conversation sur le chemin du retour, mais je me souviens de prendre conscience que ses perceptions du unschooling et de l’école-maison en général avait changé.  

Nos perceptions sont ce qui teintent notre regard et dirigent nos comportements.

Je me suis dit que ça serait intéressant de voir l’évolution de sa perception à travers notre aventure unschooling. J’étais curieuse de connaître son point de vu après toutes ces années, maintenant que Benjamin et Léo sont de jeunes adultes et qu’ils sont au Cégep. Maintenant qu’on a en quelque sorte des preuves que ce qu’ils ont vécu en tant que unschooler a été favorable non seulement au développement de leur potentiel, mais a aussi rendu possible l’intégration dans le milieu scolaire.

À lire: Unschooling: nos vrais motivations - la sécurité affective


Les réponses de Patrick m’ont agréablement surprise. C’est quelque chose de constater que ses perceptions ont changé, mais après toutes ces années, c’est magique de le lire noir sur blanc. J’ai bien fait de suivre mon coeur et d’insister pour que notre famille vive cette aventure. Je suis reconnaissante que Patrick ait eu assez de confiance et de respect pour moi pour nous permettre de sortir des sentiers battus et de créer notre propre chemin.

Julie xo


Avant de faire l’école-maison, comment voyais-tu les apprentissages de nos enfants à l’âge scolaire?

Je m’imaginais nos enfants prendre l’autobus comme les autres et s’acclimater au système scolaire. Je les voyais aussi se faire des amis à l’école. Au niveau des apprentissages, j’appréhendais cependant les périodes de devoir. Les souvenirs que j’en gardais était une période où tout le monde est épuisé de sa journée et que les parents doivent contre leur gré, mettre de la pression sur leurs enfants pour qu’ils complètent leur devoir.


Comment voyais-tu l’école-maison quand j’ai commencé à t’en parler? Quelles ont été tes premières et tes deuxièmes pensées?

Patrick le père de mes enfants, mon mari et mon chum depuis 1996.

Patrick le père de mes enfants, mon mari et mon chum depuis 1996.

Ma première réaction a été que mes enfants seraient en marge de la société et que je ne pourrais pas m’identifier à ce qu’ils vivent quotidiennement. Est-ce qu’ils auront de la difficulté à se faire des amis? Est-ce que ça va nuire à leur avenir?


Est-ce que ta perception de l’école-maison a changé après qu’on ait commencé cette aventure?

Benjamin était déjà tanné d’aller à l’école après quelques semaines. Il était identifié par les professeurs comme étant dans la lune. Même si j’avais des inquiétudes, je constatais qu’il était beaucoup mieux à la maison en mode apprentissage un à un.

Un jour où je devais aller le chercher à l’école parce qu’il était malade, j’ai constaté que des enfants étaient cordés en rang et le premier de la rangée tenait une pancarte qui mentionnait de garder le silence. C’était triste à voir! Julie avait déjà commencé à me parler de l’école à la maison à cette époque. Peut-être que l’idée d’enseigner à nos enfants avec l’amour que des parents peuvent apporter à leurs enfants n’est pas une si mauvaise idée finalement, contrairement à un milieu d’endoctrinement adapté pour des adultes! 


Comment vois-tu, maintenant, le mode de vie unschooling qu’on a vécu?  depuis que nos enfants sont rendus des adultes?

Passer de faire l’école-maison à faire du unschooling à été une autre étape déstabilisante pour moi. Dorénavant, je n’aurais aucun comparatif avec d’autres enfants du même âge en milieux scolaire! Plus tard, ça a pris tout son sens car les apprentissages des enfants était centrés sur leurs intérêts, par projet et où ils étaient rendus dans leur vie plutôt que selon un cursus scolaire pré-établi. Au final, quand ils ont performé et complété leur DES à l’école aux adultes, mes dernières craintes concernant leurs avenirs de carrière se sont envolées.


Qu’est-ce qui a fait en sorte que tu as changé ta façon de voir les apprentissages?

Le quotidien des enfants semblaient beaucoup plus positif et enrichissant que ceux qui allaient à l’école. Pas de courses contre la montre le matin, pas de devoir en fin de journée, moins de stress. Ils avaient aussi une grande soif de découvertes et d’apprendre. Même si Julie était convaincue des bienfaits, elle continuait à lire beaucoup sur des faits vécus et des recherches positives sur le sujet. Ça me confortait dans cette décision importante.


Comment est-ce que d’aller au Congrès de l’AQED t’a permis de changer ta façon de voir les apprentissages des enfants?

Le fait de rencontrer d’autres familles comme nous et d’autres visions des apprentissage m’a également beaucoup aidé à cheminer. Je me rappelle de certaines conférences qui calmaient en moi certaines inquiétudes que j’avais concernant l’intégration futur des enfants pour terminer leurs secondaires et obtenir un diplôme.


Si c’était à refaire, cette aventure d’apprentissages en familles, qu’est-ce que tu changerais?

J’aurais plus d’ouverture dès le début de l’aventure et je m’impliquerais plus à nourrir la soif de découvertes des enfants..


Si ta propre scolarité serait à refaire, comment voudrais-tu vivre tes apprentissages? Dans un contexte où tes parents sont bienveillants et veulent faire l’école-maison.

Dans un contexte de parents bienveillants, les apprentissages en dehors du réseau scolaire auraient sûrement été bénéfiques. C’est difficile à imaginer toutefois car ça m’était inconnu et que je n’ai côtoyé personne qui ne l’ait fait. Je crois qu’étant donné que ma mère était enseignante au primaire, ça m’a facilité la vie à ce niveau et ça m’a aidé à surmonter les difficultés plus facilement.


Penses-tu que tu serais un homme différent avec ces changements? Comment?

Ça m’aurait aider à être plus authentique et penser différemment. Ça aurait sûrement été très bon pour ma confiance en moi. Je serais sans doute moins « invisible » quand il y a beaucoup de monde.