Retrouver la voix de la petite fille en moi

Aujourd’hui est une journée importante pour moi et pour tous les enfants de la terre, c’est la Journée Mondiale de l’Enfance. Et pour célébrer la petite fille que j’étais, celle qui est encore en moi, j’ai décidé de me libérer et de retrouver ma voix. 

Je l’ai perdu au fil de mon enfance cette voix. Ce droit d’exprimer et de vivre mes émotions. Lorsque je pleurais on me disait que j’étais trop sensible. Que c’était dans ma tête, que c’était de ma faute, que c’était moi le problème. Que ça se passait comme ça dans toutes les « bonnes » familles. À force d’entendre ce discours, une partie de moi a abandonné. Abandonné de m’exprimer et de vouloir être entendue. Je sentais que je n’avais pas le droit de vivre ce que je ressentais, pas le droit d’être qui j’étais.

Petite Julie

Petite Julie

Déclaration d’amour

Aujourd’hui avec mes mots je me libère. Je me donne la permission de partager mon vécu. Je brise les chaînes de la loyauté (envers mes parents), me gardant muette. Je donne le droit à la petite fille que j’étais de s’exprimer. De briller de sa lumière. D’être elle et de sentir que c’est assez. Comme elle n’a pas été comprise et réconfortée, je vais être cette personne pour elle. Lorsqu’elle sera triste, je vais la prendre dans mes bras. Tendrement poser un petit bisou sur ses cheveux et flatter doucement son dos en lui disant que je suis là pour elle et que je serai toujours là. Que jamais je ne vais lui faire du mal parce que je l’aime. Je vais non seulement la protéger des autres, mais la protéger de mes propres pensées rabaissantes. Je vais l’envelopper d’amour et lui permettre de rallumer la flamme dans son coeur. C’est à travers mes larmes que je signe mon engagement et permet à mon coeur de guérir. De soupirer parce que, enfin, j’ai trouvé ma maison.

Arrêter le cercle vicieux de l’abus émotionnel

À force de vivre des situations où je me sentais blâmé pour ma propre souffrance, j’ai conclu que ma souffrance n’avait pas de valeur, que je n’avais pas de valeur. Ça creusait un vide en moi et intensifiait la honte en moi. Ça créait une séparation, une déconnexion entre moi et mes parents. En tant qu’adulte, je comprends qu’il faut souffrir beaucoup soi-même pour le faire vivre aux autres. J’aimerais tant qu’on cesse ce cercle vicieux de l’abus émotionnel (5 signes d’abus émotionnel dans cette vidéo de Kati Morton avec sous-titres en français). Pour qu’on cesse d’emporter cette souffrance dans toutes nos relations, particulièrement avec nos enfants. Je veux qu’on reconnaisse à quel point elle handicape les enfants, brise leur esprit. Selon le chercheur David Vachon de l’université McGill, les conséquences de la violence psychologique “vont de l’anxiété et de la dépression au non-respect des règles et à l’agression.”

Julie avec son frère Sylvain

Julie avec son frère Sylvain

J’arrête de taire la souffrance que la petite fille en moi ressent encore. Je me donne le droit d’avoir vécu ce que j’ai vécu, de mon point de vue. Je vais écrire sur l’abus émotionnel pour m’en libérer et raconter comment j’ai utilisé cette souffrance pour devenir une mère bienveillante. Comment aimer inconditionnellement mes enfants, est ce qui m’a sauvé.